TéléStar (Juillet 2001)
Un palace parisien, Geri Halliwell se fait attendre. "Elle
fait quelques longueurs dans la piscine de l'hôtel et
elle est à vous" s'excuse son manager. Sur la table, une bouteille
d'eau pétillante, sa boisson préférée. Dans la suite: de somptueux
bouquets de fleurs roses, sa couleur préférée. L'entretien
se déroulera dans les jardins, au calme et surtout au soleil.
-
Dans la peau de Ginger Spice, ronde et rousse, vous explosiez
le box office (les Spice Girls ont vendu 40 millions d'albums).
Aujourd'hui, seule, vous voilà de nouveau au top et
complétement métamorphosée: une chevelure blond platine
et une silhouette filiforme...
GERI:
Depuis l'adolescence, je lutte contre les problèmes de poids.
C'était une vraie obsession. J'ai été boulimique, anorexique,
j'ai suivi tous les régimes... Il y a un an et demi, j'ai
rencontré un maître bouddhiste qui m'a beaucoup appris.
La discipline qu'il m'enseigne m'a permis de mieux me connaître
et surtout d'apprendre à m'accepter. Ça vient
doucement... Du coup, je suis moins obsédée par mon poids.
Et si vous voulez connaître le secret de ma minceur:
c'est trois bons repas par jour!
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Terminé, donc, les crises d'anorexie?
GERI:
Je reste vigilante. L'anorexie et la boulimie c'est comme
l'alcoolisme ou tout autre dépendance. Une véritable souffrance.
Quand on s'en sort, on se sait vulnérable.
- Dans une des chansons de votre dernier album, dont le
single "It's Raining Men" est n°1 en Grande-Bretagne
depuis sa sortie, vous dites que le succès aun prix. Vous
avez payé le votre très cher?
GERI:
Non, excepté l'invasion des médias dans ma vie
privée. La facilité avec laquelle certains journalistes ou
critiques s'emparent de vous, vous portent au nues et vous
descendent le lendemain, j'en ai beaucoup souffert.
- A l'époque des Spice, vous vous présentiez comme la plus
ambitieuse du groupe. D'où vous vient cet irrésistible
besoin de réussir?
GERI:
Enfant, j'avais toujours l'impression d'être moins belle,
moins intelligente, moins "tout" que les autres.
Ma mère n'était pas anglaise (elle est espagnole ndlr),
elle était témoin de Jéhovah. Nous ne fêtions
ni les anniversaires, ni Noël, nous n'avions définitivement
pas la même vie que nos voisins et je souffrais de cette
différence. Je passais mes dimanches à écouter la radio, je
connaissais la pop par coeur et je me suis mise à rêver
d'une vie pleine de musique et de gloire. Être une pop
star n'est rien d'autre qu'un rêve d'enfant.
- Pas trop déçue?
GERI:
Tout n'est pas aussi facile que je le pensais. C'est un peu
comme les contes de fées avec l'histoire du prince
charmant. On en rêve toutes. On le rencontre rarement.
-
Aucun homme dans votre vie?
GERI:
je n'ai jamais eu de petit ami au sens propre du terme. Des
hommes dans mon lit, oui. Des relations amoureuses, non.
-
On vous prête pourtant une idylle avec Robbie Williams...
GERI:
(elle rit) Nous sommes très proches, c'est vrai. Mais
avant de commencer une véritable histoire d'amour,
j'ai besoin de faire le "grand nettoyage de printemps".
Un nettoyage émotionnel, j'entends. J'ai encore du chemin
à parcourir seule avant d'envisager de le faire accompagnée.
-
Vous ne rêvez pas d'une grande famille?
GERI:
Pour être franche, actuellement j'ai très envie d'avoir
un bébé, de le sentir grandir en moi, de prendre soin de lui.
Mais, très sincèrement je sais aussi la responsabilité
énorme qu'est un enfant. J'ai besoin de grandir moi-même
avant de ma lancer dans l'aventure. Pour materner, il faut
d'abord savoir prendre soin de soi.
-
Qu'est devenu votre "palais" londonien, acheté du
temps des Spice?
GERI:
Il est à vendre. C'est un endroit magnifique. Mais c'était
un peu prématuré que de vouloir devenir propriétaire
d'une maison avec dix-huit chambres!
-
Alors pourquoi l'avoir acquise?
GERI:
ça faisait partie du rêve. J'avais gagné beaucoup d'argent
et je voulais en faire profiter ma mère, lui montrer de quoi
sa fille était capable. Qu'elle soit fière de moi.
-
L'est-elle?
GERI:
Je ne sais pas. Elle est pudique. Elle se confie rarement
et je ne sais jamais quoi faire pour la rendre heureuse. Je
n'arrive pas à cerner ses envies. Pas facile, du coup,
de les satisfaire.
-
Et votre père?
GERI:
Il est mort il y a cinq ans. Il m'a fallu du temps pour l'accepter.
Mais je sais aussi que s'il était encore en vie, je ne serais
pas si populaire. J'étais tellement perdue quand il est parti
que j'ai mis toute mon énergie dans le travail. Quelque part,
c'est grâce à mon père que j'ai réussi. Aujourd'hui,
je suis bien décidée à en profiter sans culpabilité aucune.
A le vivre pleinement."
source:
téléstar